Le totem du loup, de Jiang Rong

Le totem du loup, de Jiang Rong
Titre : Le totem du loup
Auteur : Jiang Rong

Résumé : « Le disque frileux du soleil s'était éclipsé derrière l'horizon. Un air glacial montait de la neige. Un vaste désert blanc, vierge de toute présence humaine, s'étendait devant Chen Zhen. Saisi par un terrible pressentiment, le jeune cavalier prit peur.
C'était la première fois qu'il traversait seul la steppe et il était trop tard pour rebrousser chemin. Il pénétra dans une sinistre vallée et aperçut le pelage des loups qui étincelait à la dernière lueur du soleil. La horde comptait plus de trente bêtes dont certaines étaient gigantesques.
Au milieu trônait le roi des loups reconnaissable à la fourrure blanche de sa poitrine qui brillait d'un éclat de platine. A un signal connu d'elle seule, la meute s'était levée d'un bond. Les loups s'apprêtaient à s'élancer et à s'abattre sur leur proie comme autant de flèches. »

J'aime : bien
Mon avis : Ce livre présente le témoignange d'un jeune intellectuel chinois, volontaire pour participer au développement de la Mongolie intérieure dans les années 70. On le suit dans ses différentes aventures et observations... J'ai bien aimée ce livre la plupart du temps, mais je l'ai trouvée parfois un peu trop long...
A lire pour bien comprendre les différents défis écologiques qui peuvent exister !

Première phrase : Chen Zhen découvrit soudain à l'extrémité de sa longue-vue un énorme loup dont les yeux semblaient le transpercer.
Dernière phrase : Le lendemain matin, Chen Zen et Yang Ke se levèrent tôt et partirent ensemble en direction de la colline du Roc noir.

*~~~~**~~~~**~~~~*
*~~~~**~~~~*
*~~~~*

Et toi, qu'en penses-tu ?

# Posté le samedi 23 mai 2009 11:32

Modifié le dimanche 02 août 2009 04:05

Les Aux', Tome 1, de David Gunn

Les Aux', Tome 1, de David Gunn
Titre : Les Aux', Tome 1
Le Faucheur
Auteur : David Gunn

Résumé : Sven Tveskoeg est un tueur féroce et la pire tête de mule de l'empire. Il n'est humain qu'à 98,2%, le reste lui permettant de guérir d'atroces blessures en un temps record...
C'est sans doute pour ça que l'empereur l'a repéré et incorporé dans son armée d'élite : les Faucheurs ! Là, on lui offre une nouvelle vie... en échange d'une mission. Ou plutôt, un baroud d'une extrême violence hurlée à un rythme effréné.
Au coeur de cet ouragan de métal et de feu, Sven comprend vite qu'il n'est qu'un pion dans un jeu mortel. Et la règle veut que les pions soient toujours sacrifiés.
Mais Sven Tveskoeg emmerde les règles : il crée les siennes.

J'aime : beaucoup
Mon avis : Beaucoup d'action, un excellent roman trépident de sf, avec un personnage cynique, violent... C'est un soldat professionel et combattant hors pair, auquel on offre une nouvelle vie en échange d'une mission à effectuer.
Ce premier tome plante l'action, le décor politique et multiplanétaire. L'action démarre à fond et ne ralentit jamais. Vraiment excellent !

Premre phrase : Indigo Jaxx, général des Faucheurs, essuie la sueur de son front, puis ajuste les manches de son uniforme noir aux galons argent.
Dernre phrase : Elle obéit.

Mes passages préférés :
Extrait 1 :
—Repliez-vous ! crie une voix.
Notre nouveau lieutenant.
Il a dix-sept ans, et il est tellement frais que presque personne ne s'est donné la peine de mémoriser son nom. A présent, c'est inutile.
Un ferox saute d'un toit, pour atterrir derrière lui. Le jeunot se retourne, et la bête sort une griffe, lui ouvrant un second sourire au niveau de la gorge.
Il meurt en silence.
—Riddle est mort ! hurle quelqu'un.
J'apprends le nom du lieutenant, après tout.
—Repli ! Repli !
Résistez, voudrais-je crier. Tenez bon, et mourez comme des hommes !
Les ferox se montrent cruels avec les soldats qui battent en retraite, nos chers officiers aussi d'ailleurs, et ils sont impitoyables. Les hommes meurent par dizaines autour de moi. Ils tentent de rejoindre un mur intérieur qui ne leur procurera qu'un bref répit avant le carnage final. L'atmosphère empeste la merde et la tripaille, l'odeur des ferox enragés et le sang humain giclant sur le sable chauffé a blanc.
Les mouches s'installent rapidement sur les carcasses mutilées.
Des ½ufs seront pondus, des larves vont éclore, et le désert reprendra ce qui n'aurait jamais du être là en premier lieu. La 15ème brigade de la Légion étrangère.
Un ferox s'écroule, la cuirasse a moitié carbonisée. Un jeune.
C'est le seul ennemi blessé pour l'instant.
J'ai l'impression qu'il se passe plusieurs heures avant que le dernier gosse crève. En réalité, quelques minutes à peine ont dû s'écouler, et les ferox ne sont pas des sadiques. Contrairement a ce qu'affirme la rumeur. Ils tuent rapidement et proprement. Ils forcent chaque soldat à s'agenouiller, lui tirent la tête en arrière, et l'égorgent.
Et au suivant...
Ceux qui nient l'intelligence de ces créatures sont des crétins.
Il y a sept ans, quand nous avons construit Fort Libidad, il ne serait pas venu à l'idée de ces bêtes de trancher la gorge d'un homme ou de l'éventrer. Une carapace protège ces points chez un ferox, et ils pensaient qu'il en allait de même pour nous.
Ils ont découvert la vérité semble-t-il, et j'en ai la démonstration : une centaine de cadavres d'adolescents au cou et à la pause ouverts.
Leur chef est énorme.
Il mesure deux mètres soixante-dix, sur un mètre vingt de large. Une multitude d'entailles et de craquelures parsèment sa cuirasse. L'âge a laissé des traînées grises sur son pelage, et un voile sur ses yeux.
Mais quand il s'approche de moi, les autres reculent pour le laisser passer.
Des griffes s'emparent de ma mâchoire et m'obligent à le regarder.
C'est la fin, me dis-je.
Mais les serres ne se referment pas.
A la place, un regard sombre se rive au mien, et il me tord un peu plus le cou pour mieux voir. Il lâche ma tête, puis tapote mon bras en métal. Le son l'intrigue. Il s'agit d'une prothèse rudimentaire tout en pistons, en soudures et en vérins qui ont dépassé depuis très longtemps leur date limite d'utilisation. C'est toujours mieux que l'ignoble moignon qui se cache en dessous.
—C'est votre ½uvre, je grommelle.
Les yeux sombres m'observent.
—Enfin, pas la tienne, dis-je en levant la tête vers le trophée. La sienne.
Le ferox étudie le crâne, et son autre main effleure mon dos labouré. Il plonge un doigt dans mon sang, puis le porte à sa bouche.
Une seconde après, il crache, et crache encore.
J'aurais pu le prévenir.
« Pourri de l'intérieur », disait mon père.
Le vieux chef réfléchit pendant que sa tribu attend. Je me doute que ma mort est une priorité de l'ordre du jour. Je suis le dernier humain en vie dans Fort Libidad, le sang des morts gorgeant le sable de la place d'armes. La puanteur des entrailles répandues rivalise avec celle de mon bourreau.
J'attends, sans le quitter des yeux.
C'est mon unique serment.
Tout le monde fait des promesses sans les tenir. Quand on fait un serment, c'est différent. Enfin, là d'où je viens : un monde tellement arriéré et éloigné que notre chef bien-aimé a hésité avant de l'ajouter à la liste de ses conquêtes.
Mon serment est simple.
Quelle que soit sa forme, je veux regarder la mort dans les yeux. Je saurai me pardonner toutes les promesses non tenues, les dettes contractées, mais si je romps ce serment, Dieu ne me le pardonnera jamais.
Alors, nous nous affrontons du regard. Lui, un chef de tribu frisant les trois mètres, et moi, vingt-huit ans, sergent dégradé de la Légion étrangère, me tenant aussi droit que la douleur me le permet.
Quoi ? demande-t-il.
Je hausse les sourcils sans men rendre compte.
Mon univers se résume soudain à une paire d'yeux noirs et une voix dans ma tête.
Ca doit être la douleur, me dis-je.
Comme je l'ai dit, quinze coups de fouet peuvent tuer.
Si je n'avais pas un pouvoir de guérison phénoménal, c'est mon cadavre qui aurait accueilli les ferox. La souffrance est tellement intolérable que j'ai du mal a me concentrer sur la question posée par la bête.
Quoi ? répète-t-elle, plus fort cette fois.
Le bâillon des condamnés est assez fruste. En général, c'est la ceinture de la victime, suffisamment serrée pour l'empêcher de parler, mais assez lâche pour qu'il puisse gémir. L'exemple, il n'y a que ca de vrai.
Libère-moi, je pense.
Après un moment d'hésitation, la bête coupe mon bâillon d'un seul coup de griffe. C'est un parfait exemple de précision, et ca explique encore mieux pourquoi des gamins à peine en âge de quitter leur foyer gisent dans la poussière derrière moi.
—Soldat, je souffle, pour répondre à la question de la créature pendant qu'elle est encore intéressée.
Le ferox secoue la tête.
—Humain, je rectifie.
Je retourne l'idée dans ma tête. Quand ses babines se retroussent, le chef me rappelle le trophée qui trône sur le poteau. Une fois de plus, je surprends le regard qu'il lance au crâne. J'ignore à quel point il peut lire dans mes pensées, mais il a l'air d'en capter suffisamment.
Pas humain, répond-il.
Je hausse les épaules. Mauvaise idée.
Il remarque ma grimace, et son « sourire » s'élargit.
—Sale ordure, je crache.
Les griffes se referment lentement sur ma mâchoire. S'il continue, quelque chose va casser. Chez un homme plus fragile, ç'aurait déjà cédé.
Quoi ? demande-t-il.
Attaché à un poteau, entouré par des cadavres, et la tête broyée par un monstre qui pose des questions existentielles, j'ai pas choisi la meilleure place. Les griffes s'enfoncent un peu plus, et je sens que mes os sont à la limite de la fracture.
Apres tout, j'ai rien à perdre, me dis-je.
—Je ne comprends pas ta question.
Dans le doute, toujours se réfugier derrière la bêtise. Ca marche chaque fois.
La prise se relâche, et son regard se fait moins féroce. Le chef se tourne vers un jeune qui doit faire la moitié de sa taille. En dépit de la crête osseuse et des symboles tribaux qui ornent sa carapace, j'aurais pu le prendre pour une femelle.
Les deux bêtes se regardent.
Le chef recule en agitant la patte comme pour dire : Il est à toi.
Magnifique. Massacré par le nabot de la tribu.
Mais le jeune ferox ne frappe pas. Il m'agrippe le visage et me tord la tête dans tous les sens, comme pour tester l'articulation du cou. A un moment, la bête excède les limites de mes tendons, et je grimace. Elle recule, visiblement surprise...
—Mon cou ne tourne pas autant, espèce de crétin ! je proteste.
Le jeune ferox dévoile ses crocs, manifestement amusé.
Quoi ?
— Humain.
L'amusement déserte ses traits, et une image apparaît dans mon esprit : un homme nu, attaché à un poteau, le sang coagulant comme une cape sur son dos et ses fesses. L'os brise se ressoude déjà, et les déchirures de ses muscles se referment. Il s'est chié dessus, ce dont je ne me souviens pas, et il a l'air plus petit que ce à quoi je m'attendais, voire insignifiant au milieu de la demi-douzaine de ferox qui...
Deux pensées me tétanisent.
Primo : moins d'une dizaine de ces bêtes suffisent à détruire un fort. Secundo : c'est la première fois que je pense à ces créatures comme...
Qui ? je crie dans ma tête.
Le jeune me regarde.
Il m'envoie de nouveau l'image du soldat attaché.
—Moi, dis-je.
Je me rappelle alors que les ferox n'ont aucun sens de l'individualité. Il semble que ces bestioles pensent à elles a la troisième personne. Dieu seul sait combien d'hommes ont eu l'occasion de découvrir cette information, et de la coucher par écrit avant d'être réduits en chair a pâté.
—Sven, je reprends. Je m'appelle Sven.
Le ferox a l'air de goûter ce mot dans sa tête. Il finit par opiner, et les autres l'imitent. Ils se retournent comme un seul, et se dirigent vers une portion effondrée du mur que je n'avais même pas remarquée.
— Revenez... Ne partez pas...
Quand mes plaintes échouent, je passe aux insultes, et traite ces molosses de tous les noms, en passant par « andouilles », « monstres » et « lopettes sans couilles ». Pas un ne se retourne sur le carnage ou moi. Ils ne forment qu'une file silencieuse qui se confond déjà avec le sable qui s'étend au-delà de la brèche.
—Tuez-moi ! finis-je par hurler.
La dernière bête se retourne, et mon c½ur cesse de battre l'espace d'une seconde. Il repart, et l'avorton du groupe se hâte de rejoindre les autres.

Extrait 2 :
- Je sais. Tous les sujets de l'Empire sont humains, même ceux qui ne le sont pas. C'est la nouvelle loi.
- Vieille de plusieurs centaines d'années.
- Exactement, grogne-t-elle. Le nouvel empereur la modifiera certainement, et la situation ne s'améliorera pas plus...
- A poil ! lâche le sergent.
Il me faut une seconde pour comprendre qu'il s'adresse à moi.
- Seigneur, peste la vieille. Tu aurais pu le doucher avant.
- Il sort du bordel des sergents.
- Ne m'en parle pas... (Elle se retourne vers moi et me désigne une cabine.) File là-dedans.
Il s'agit d'un tube ovale en verre. Il contient un tableau de contrôle inséré dans une console noire et brillante. Aucune indication quant a la fonction des boutons. J'en sélectionne un au hasard.
Rien.
J'appuie de nouveau.
Quelques secondes plus tard, je suis assis par terre, les mains sur les yeux, aveugle par une lumière plus violente que tout ce que j'ai connu dans les déserts au sud de Karbonne. Le sergent se tient juste au-dessus de moi. Il lâche une bordée de jurons.
- Que s'est-il passe ?
- Je ne vois plus rien, merde ! je gronde en essayant de me relever, avant de trébucher. Deux paires de mains viennent à mon secours.
- Ne me dis pas, siffle la femme, que tu as regardé la lumière.
- Je ne savais pas qu'il y en aurait une. On ne m'a rien dit.
Elle adopte un ton plus sérieux.
- Combien de temps as-tu regardé ?
- Une seconde.
- T'es sûr ?
- Plutôt, oui.
J'ai connu assez de déserts et de batailles pour savoir que la lumière aveugle, d'où le réflexe de fermer les paupières. Je distingue déjà sa silhouette. Elle m'observe attentivement. L'instinct a dû me sauver avant que le pire advienne.
- Je vais bien.
- Non, coupe le sergent. On doit te descendre à l'antenne médicale immédiatement.
- Je vais bien. Ecoutez, je vous vois de nouveau.
Des doigts agrippent mon visage et le tournent de côté. La femme. Elle a une poigne d'acier. Son visage s'approche a quelques centimètres, et je sens son haleine fétide. Elle plonge ses yeux dans les miens. Elle me scrute comme si elle pouvait traverser mon crâne.
- Merde, dit-elle. C'est un régénérant !
Ils s'éloignent pour discuter puis reviennent, l'air grave.
- Nous aimerions procéder à quelques tests, déclare la vieille femme.
- Pour vérifier ce que vous savez déjà.
Le sergent Hito a un rictus sarcastique.
Je vois déjà le tableau. Elle veut annoncer au general Jaxx ce quelle a découvert, sans lui révéler quelle a failli aveugler son nouvel animal de compagnie.
- D'accord, je réponds.
Je dois bien ca au sergent. En plus, la douche avait éliminé la puanteur de la vie avec les ferox. Un exploit que même le séjour au Paradis n'avait pas accompli.
La vieille femme me fait asseoir devant un ordinateur, et le sergent Hito examine une rangée de prothèses, en secouant la tête a intervalles réguliers. Arrivé au bout du présentoir, il se retourne et recommence.
- Rien d'assez gros.
- Fais-lui repousser, décrète la femme. Avec sa capacité de régénération, il n'y aura aucun problème.
- Il en veut un en métal, souligne le sergent en me regardant. Je me trompe ?
- Dis-lui qu'il ne peut pas.
- Le problème, c'est qu'il en a certainement le droit.
- Je vois, dit-elle. Un intérêt personnel d'une autorité supérieure, hein ?
L'espace d'une seconde, le sergent donne l'impression de regretter que cette conversation ait commencé, mais je n'écoute pas vraiment. Je suis assis face à un ordinateur dont le rôle semble se limiter à enfoncer des aiguilles dans mon corps et couper ma peau avec des lames. Quoi qu'elle détecte, la machine produit un sacré boucan en s'illuminant et en ronronnant.
A moins qu'elle soit conçue pour fonctionner comme ca.
- Tu as raison, annonce la vieille. Il est humain.
- Plus ?
- Un petit pourcentage d'autre chose.
La neutralité absolue de sa voix attire l'attention du sergent.
- Quoi ?
Elle hausse les épaules, en libérant mon bras organique de ses sangles inutiles. Elle m'essuie avec un truc qui pue l'alcool, et ma peau se referme déjà.
- Une adaptation pratique, murmure Madie.
- On peut le dire.
Quelque chose dans ma voix les incite à se retourner.
- Ca ne s'arrête jamais, j'ajoute, le corps continue quoi qu'il arrive. Aucune souffrance n'est trop intense. Rares sont les blessures trop graves. Le jour où un ferox m'a arraché le bras, j'ai marche cinquante kilomètres pour rentrer au fort.
- C'est un ferox qui t'a fait ça ?
- Un jeune, je précise. Probablement un bébé.
- Que faisais-tu ?
- Je décapitais son père.
La femme jette un coup d'oeil au sergent Hito. Le sens est évident : Qu'est-ce qui t'a pris de m'amener ce maniaque ?
J'explique que l'adulte était déjà mort. Enfin, presque mort. De vieillesse, attention, pas de ses blessures. Mais c'est trop tard. Je lis dans ses yeux la même chose que dans ceux des recrues avant que j'arrête de m'emmerder à leur parler. Quelque chose a mi-chemin entre la peur et l'admiration.
- OK, conclut-elle. Je comprends mieux pourquoi le général le veut. Qu'est-ce qui te plaît autant dans ta prothèse ?
- Elle est puissante.
La vieille soupire, et ca m'ennuie tellement de penser à elle comme ca que je lui demande son prénom complet, et poliment en plus.
- Madeleine, confie-t-elle.
- C'est un joli prénom.
Hito hausse les sourcils, mais je suis sincère. Je ne suis pas en train de discuter avec une pute. C'est un nom plaisant.
- Très ancien, ajoute-t-elle. Il est terrien.
- Vous savez, je murmure, vous êtes la deuxième personne a me parler de cette planète en très peu de temps.
- Qui était l'autre ?
- Une prisonnière au Paradis.
- Je ne veux rien savoir, lâche-t-elle au sergent. Je me trompe ?
Hito fait « non » de la tête.
- La Terre existe-t-elle ?
- Pourquoi penses-tu quelle n'existe pas ?
- A cause d'un truc que m'a dit ma soeur, dis-je en haussant les épaules. Elle prétend que ce monde a été inventé afin d'expliquer pourquoi les choses étaient plus simples dans la galaxie avant... Elle disait toujours des trucs comme ca, mais je ne l'ai jamais trop écoutée. Pourtant, j'ai toujours cru que c'était la vérité.
- C'est une hérésie, souffle Madeleine. Je te conseille d'oublier tes théories sur la Terre quand tu seras avec le général Jaxx.
J'acquiesce, souris pour montrer que j'ai compris, et que j'applique déjà son conseil. Elle ne se détend pas d'un cil.
- Nous vivons une sale époque, continue-t-elle. Beaucoup de gens sont morts.
- Je sais, réponds-je. Faut croire que j'aurais du en faire partie.
Le sergent se racle la gorge, et détourne l'attention de Madeleine vers la rangée de prothèses poussiéreuses. Mais toute vie l'a quittée, et je suppose quelle doit ruminer sa propre histoire.
- On va lui en faire un nouveau, décide-t-elle.
- Pardon ?
- Ce n'est pas parce que personne ne l'a fait depuis des dizaines d'années... (Elle hausse les épaules, déjà décidée.) Nous disposons de fabricators, et de plus de matrices qu'on peut en utiliser. Donne-moi son faux bras.
Quand le sergent m'enlève ma prothèse, elle détourne le regard.
- Et encore, vous auriez du le voir avant.
- Qui a opéré ?
- Mon ancien lieutenant.
- Seigneur, murmure Hito, il aurait pu se servir des Esculapes de combat.
Je suis sur le point de lui expliquer que les lots de fournitures médicales étaient vides quand nous les avons reçus, que rares sont les légionnaires a lire suffisamment bien pour déchiffrer les consignes d'utilisation de toute manière, et que la plupart des bons officiers réussissent des miracles avec un couteau chauffé à blanc. Des exploits qui sont bien au-delà des capacités de vulgaires bottes en métal automatisées.
Inutile.
- Il était ivre, je lâche. Mais il m'a quand même sauvé la vie.
- C'est toi qui l'as sauvée, rectifie Madeleine. Quand tu as ramassé ton bras, et que tu l'as transporté sur cinquante kilomètres...
Je hoche la tête, car ce n'est pas le bon moment d'avouer que j'ai laissé le membre derrière moi, sachant qu'il était devenu inutilisable. A la place, j'avais bandé ma plaie, et rapporté la tête du ferox.
- Nous allons déjà arranger ca, dit-elle.
Et elle s'exécute, avec une froide précision qui m'impressionne au plus haut point. Je ne sais pas où elle a appris tout ca, mais elle sait parfaitement ce qu'elle fait.
- Quelle finition désires-tu ?
- Pour mon nouveau bras ?
- Pour ton moignon.
A la fin, elle perd patience devant mon indécision, et elle me gratifie d'un motif qui ressemble à des écailles de tortue dorées. Ca commence par de la chair, et se transforme peu a peu en une matière proche de la corne de buffle. Pour les détails, elle utilise un scalpel laser sorti d'un tiroir, puis grave une rapide série de marques sur la surface.
- Tu l'as signé, constate la Carne, d'un air surpris.
- C'est la première fois depuis longtemps que je fais un boulot qui me plaît, acquiesce-t-elle. Tu sais ce que lui veut le vieux ?
Le sergent se renfrogne, et elle rit.
- Je ne te parle pas de l'intitulé exact de la mission. Mais au moins le genre.
Il hésite. Mon petit doigt me dit que si je n'étais pas là, il serait plus ouvert.
- Infiltration et extraction, lâche-t-il. Mais sans la phase extraction.
- Avec une partie déguisement ?
Hito la regarde, puis se tourne vers moi. Le message est clair : Comment veux-tu que je camoufle un truc pareil? Et pour la première fois, je me demande ce qu'il continue de trouver étrange chez moi. La Légion est un corps cosmopolite, c'est le but. On se fout de la langue, de la couleur des yeux, et de la forme du crâne.
Je suis grand, et plutôt baraqué. Mais a part les cicatrices sur mon dos, et mon moignon, je ne me suis jamais considéré comme différent. Un peu plus fort, peut-être. Un peu plus déterminé à franchir le dernier kilomètre. Mais tout se résume à cette dose de puissance en plus.
Apres le motif en écaille, je suis prêt a accepter toutes les suggestions de Madeleine. Même si a la fin, elle oublie de suggérer quoi que ce soit, et fait juste ce qui lui plaît. Ca me convient, car j'ai vu des forgerons et des armuriers au sommet de leur art, et aucun n'atteint le niveau de concentration qu'elle déploie en concevant mon nouveau bras.
L'ancien est place sur un établi qui se referme dessus. La prothèse est analysée. Madeleine examine un schéma sur son bureau, sifflote, puis s'approche des rangées de bras artificiels poussiéreux. Elle siffle de nouveau, même si elle a déclare quelle ne les utiliserait pas.
- Elle cherche des idées, me confie le sergent. Fais-lui confiance.
Je hoche la tête.
La prothèse qu'elle crée est impressionnante tant elle sort des critères habituels. L'ancienne, achetée par mon lieutenant, est rustique et grossière, toute en plaques de métal et en pistons, avec des câbles aboutissant à des doigts malhabiles.
Le bras conçu par Madeleine ressemble à celui qui me reste, sauf qu'il est en métal noir. Il pourrait passer pour un vrai de loin, mais quand on se rapproche, il n'est clairement pas naturel. Je parle de métal, parce que sa surface résonne quand on la tape, mais le coude se plie sans plaques d'aciers articulées, et le poignet pivote comme s'il était fait d'os et de tendons.
- Il te plaît ?
Je hoche la tête.
- Vous ne voulez pas le signer?
- J'en ai déjà fait un comme ca avant, sourit-elle. Je ne peux prétendre que c'est un original. Tu veux que je t'arrange le dos ?
Je fais « non » de la tête.
- Pourquoi pas ? demande le sergent Hito.
- Il ne faut jamais oublier certaines leçons.

Et toi, qu'en penses-tu ?

bookaulau
Je suis une grande fan de Sven ! J'adore son caractère tête brulé, son répondant, et en plus je l'image en Vin Diesel ! ^^ Le deuxiéme tome est encore mieux !
VIVE SVEN !
VIVE SVEN !
Ok je sors...

# Posté le mercredi 27 mai 2009 12:50

Modifié le dimanche 02 août 2009 04:10

Jaz Parks, Tome 1, de Jennifer Rardin

Jaz Parks, Tome 1, de Jennifer Rardin
Titre : Jaz Parks, Tome 1
Jaz Parks s'en mord les doigts
Auteur : Jennifer Rardin

Résumé : Je m'appelle Jaz Parks.
Mon patron, Vayl, est né en 1744 en Roumanie, où il est... mort. Entre les mains de son épouse, qui plus est. Une vampire. Mais c'est de l'histoire ancienne. Pour l'heure, Vayl travaille à la CIA, où il exerce son plus grand talent... celui d'assassin.
Moi ? Je l'aide. Evitez de me traiter d'assistante, ou je vous en colle une.
Vayl et moi devons éliminer un chirurgien esthétique de Miami lié au terrorisme. Mais notre mission se complique lorsqu'on découvre qu'il est de mèche avec un salopard aux pouvoirs surnaturels capables de mettre l'Amérique à genoux...

J'aime : bien
Mon avis : J'ai lu ce livre sur les conseils d'une amie, et bien que ce ne soit pas le roman que j'ai préférée, elle a eu raison de me conseiller de le lire !
J'ai trouvée des fois l'histoire un peu embrouillé et pas très claire, mais les personnages sont vraiment sympas et attachants, surtout Jaz et Vayl !
Mais dans l'ensemble, l'histoire est sympa, plaisante à lire, et je conseille au moins le 1er tome de cette série !

Premre phrase : La peur, ca craint.
Dernre phrase : Maintenant, j'allais pouvoir me reposer.

Mes passages préférés :
Extrait 1 :
- Ca n'a rien a voir avec la voiture. A vrai dire, je suis ravi que vous ayez envoyé ce connard a l'hosto. Un crétin totalement imbu de lui-même. Non, vous êtes ici parce que j'ai une nouvelle mission a vous confier.
Merci mon Dieu, j'ai encore du boulot ! Je me détendis presque. Ce qui, compte tenu de ma posture, m'aurait envoyée au sol. Mais Pete s'était mis à faire craquer ses phalanges. Depuis que je le connaissais, je l'avais vu mordiller ses crayons, shooter dans le mobilier, balancer des dossiers en travers de la pièce, et piquer sa crise avec des bougies parfumées. Le craquement des phalanges, en revanche, c'était nouveau. Je m'adossai soigneusement a la chaise et j'attendis.
- Vous avez entendu parler de Vayl ? s'enquit mon boss.
- Ben... euh...
De vagues murmures, seulement. On ne pouvait guère appeler ca des rumeurs tant elles paraissaient peu plausibles. A en croire les histoires qui circulaient, Vayl s'était bâti une carrière légendaire, et pas uniquement parce qu'il comptait désormais parmi les quelque 15 % de vampires a être tolérés des humains. On prétendait aussi qu'il était le meilleur assassin que notre service ait jamais eu à sa tête.
- J'ai décidé que vous feriez équipe avec lui, reprit Pete en évitant mon regard.
J'imagine donc que je ne cachais pas très bien le « Qu'est-ce que c'est que ces conneries ». Un long silence suivit, durant lequel j'essayai de réfréner mes vertiges, tandis que Pete s'éclaircissait plusieurs fois la voix.
- Pete, euh... en m'engageant, vous m'avez promis que je pourrais travailler seule.
Mon boulot précédent avait impliqué toute une équipe dont j'étais le chef. Ca s'était mal terminé.
- Jasmine, Vayl a réclamé un partenaire. Vous correspondez à ses critères. Vous êtes intelligente, solide, résistante...
Je sentais mes lèvres s'engourdir.
- Hum-hum... Et ?
- De plus en plus dangereuse, soupira-t-il. (Avant que je puisse l'interrompre, il s'empressa de poursuivre, ce qui valait mieux, car ma première réaction risquait de lui percer le tympan.) Vous prenez de plus en plus de risques. Vous agissez en franc-tireuse et je commence à hésiter à vous faire travailler en solo.
Des conneries, tout ca ! Arrête les clichés de flic de cinoche, espèce de branleur ! Je ne suis pas née de la dernière pluie !
Il enchaîna aussitôt :
- Je sais combien vous devez être furieuse de...
- Je ne crois pas ! Ca fait six mois que je fais des étincelles aux quatre coins du globe, Pete. J'ai pas foiré une seule mission. Pas une. Présentez-moi un autre agent avec ce genre de palmarès.
- Vayl...
- ... a besoin de moi comme d'une crème dépilatoire!
Pete me lança un regard du style « Contrôle-toi ma belle » qui me donna l'impression de me regarder dans un miroir. Merde alors, est-ce que j'avais déjà la bave aux commissures ?
- Vous vous souvenez de la mission à Cuba ? s'enquit-il.
J'avais liquidé le conseiller le plus fiable de Castro, un général du nom de Miguel Santas. Au milieu d'un marché grouillant de monde. En plein jour. A deux pas de ses lieutenants. Mais je m'en étais bien tirée. Ca ne comptait pas, alors ?
- Et celle dans le Colorado ?
Aaaah, génial. Un pédophile dénommé George Freede avait lancé une secte appelée la Confrérie internationale de la Lumière. L'activité principale de ses membres consistait à kidnapper des enfants aux Etats-Unis pour les vendre à l'étranger le plus offrant. J'avais traqué le fondateur jusque dans une station de montagne, avant de le balancer du haut d'un sommet. OK, on était tombés tous les deux, mais j'avais atterri avec grâce sur mes skis dans la poudreuse. Lui s'était fracassé sur un rocher.
- Il m'incombe de m'assurer de la survie de mes agents, m'informa Pete.
- Vous m'avez donc trouvé une baby-sitter.
Il éclata d'un rire qui remontait du tréfonds de ses entrailles, le seul endroit où ca ne sonnait pas creux.
- Mais non, bon sang ! Je vous ai associée à un type qui vit depuis près de trois siècles. Dans l'espoir que sa sagesse déteindrait un tant soit peu sur vous.
Ce fut son rire qui me décida. J'inspirai une première fois, puis une seconde. Je me dis : OK, peut-être qu'il a raison. Peut-être que j'ai dépassé les bornes un peu trop souvent. Et il n'est même pas au courant de mes black-out. Et puis c'était plutôt sympa qu'on s'occupe de moi, qu'on me chouchoute. Ca faisait à peine plus de six mois que j'étais seule. Mais j'avais l'impression que ca faisait des siècles.
- Vous disiez qu'il m'avait choisie, dis-je en soupirant. Pourquoi ?
- Il a ses propres raisons, dont il affirme qu'il vous les révélera en temps voulu.
Pete et moi, on partagea alors le même haussement de sourcils cynique.
- C'est un personnage assez mystérieux, non ? remarquai-je.
- Quand il veut l'être, admit Pete.
- Alors que pouvez-vous me dire sur lui ?
Pete sortit un dossier épais de cinq centimètres de dessous une petite pile et l'ouvrit.
- Il nous a rejoints au début des années 1920. Son nom au complet, c'est Vasil Nicu Brancoveanu. Ne le 18 novembre 1713 à Mogosoaia, en Roumanie, aux environs de Bucarest.
- Pour l'amour du ciel, on peut pas sauter l'extrait de naissance et s'attaquer direct aux détails croustillants ?
Pete secoua la tête devant mon impatience, mais ferma le dossier et me gratifia d'un sourire indulgent.
- Il est puissant, Jaz, et je remercie Dieu chaque jour que Vayl ait choisi notre camp. J'ai lu son dossier quatre fois et je reste persuadé que toutes ses aptitudes n'y sont pas décrites. Il sait manier l'épée comme personne, se montre aussi doué avec les armes de tir, mais préfère le corps-à-corps. Sans parler de la force et de la vitesse propres aux vampires, bien sûr, alliées à une faculté de disparaître parfaitement affinée.
- Et ?
Pete hocha la tête. Il savait que j'attendais l'apothéose, l'aptitude essentielle autour de laquelle les autres gravitaient.
- C'est un Spectre.
Alors ce qu'on racontait était vrai. Son seul toucher pouvait pétrifier un homme et le tuer.
On discuta encore un peu, et Pete en profita pour m'avouer que s'il souhaitait me voir cesser de prendre des risques démesurés, ses patrons apprécieraient le fait que j'accepte sa proposition.
- Notre gouvernement considère Vayl comme un trésor national, Jaz. Sur le papier, vous apparaissez comme son assistante. En réalité, vous êtes son garde du corps. Vous avez déjà rencontré les membres de notre conseil de surveillance...
Et comment ! Les sénateurs Fellen, Tredd et Bozcowski m'avaient guérie à jamais de l'envie de revoter un jour.
Pete poursuivit :
- Ils m'ont demandé d'insister sur l'importance de votre mission première, a savoir de veiller à ce que Vayl revienne chaque fois en un seul morceau.
Je mesure un mètre soixante-huit. Je pèse cinquante-quatre kilos quand je songe à m'alimenter, ce qui ne m'arrive pas tout le temps. Aucun doute que ce Vayl pourrait m'écraser comme une brindille chaque fois qu'il en éprouverait l'envie. Par ailleurs, on ne vit pas aussi longtemps sans parfaire des capacités de survie hors du commun. J'éclatai de rire.
- Pete, arrêtez les conneries, vous voulez bien ? Vayl a besoin d'un garde du corps comme moi d'un caniche nain. Vous et moi savons pertinemment que vous n'êtes pas réglo sur ce coup. Mais je vais vous dire un truc... J'accepte pour l'instant. Car je suis curieuse.
Et aussi... Dieu soit loué... parce que j'adorais ce boulot. Il m'avait permis de rester en vie. De ne pas sombrer dans la folie, après... après...
Peter avait l'air suffisamment embarrassé pour que j'envisage de pousser le bouchon un peu plus loin.
- Allez, patron, franchement. Pourquoi moi ?
Il lissa ses trois poils sur le crâne, puis laissa retomber sa main sur le bureau.
- Parce que Vayl vous veut. Et chez nous, ce que Vayl veut, Vayl l'obtient.

Extrait 2 :
Quand je revins au salon, Vayl était déjà allongé langoureusement sur un canapé. Avec une couronne de lierre sur la tête et une bimbo a demi nue pour l'éventer à l'aide d'une feuille de palmier, pendant qu'il croquerait une grappe de raisin, il aurait incarné un Jules César plus vrai que nature. Euh... si ca se trouve, tous les deux s'entendaient comme larrons en foire, avant que Cléopâtre se pointe pour tout gâcher. Je m'affalai sur le canapé d'en face, en repliant les jambes sous moi.
- Vous entrez dans la peau de votre personnage ?
- Nous nous rendons à un diner dansant de charité a cinq mille dollars le couvert. Notre cible n'a invité que le gratin de la société. Il s'attend à ce que nous nous comportions avec une certaine classe.
- Voyons si j'arrive a décoder vos conneries... euh, votre langage imagé, je veux dire. On est censés former un couple qui claque un max de thunes, non ?
- Certes, répondit-il en gratifiant mon vocabulaire d'un sourcil réprobateur.
- Alors, qui est la cible ?
- Un chirurgien esthétique d'origine pakistanaise. Mohammed Khad Abn-Assan. Il a lifté, remodelé ou liposucé la moitié d'Hollywood. J'ai cru comprendre que plusieurs de ses clients célèbres seront présents ce soir.
- Et dire que j'ai laissé mon carnet d'autographes dans mon autre sac a main. C'est pour quelle ½uvre caritative au juste ?
- Elle s'appelle « Nouveau Départ ». Elle brasse des millions de dollars par an, soi-disant pour offrir une chirurgie reconstructrice a des enfants défigurés a la suite d'un accident.
- Sympa. Sauf que je devine que les gosses ne verront jamais la couleur de tout ce fric.
- J'en doute fortement, quand on considère qu'Assan détourne la majorité de ces fonds pour financer les Fils du Paradis.
- Waouh... Attendez une seconde. Les Fils du Paradis ? Vous êtes en train de m'annoncer qu'on va s'attaquer à un bastion financier du plus extrême des groupes terroristes extrémistes ?
Vayl opina du chef.
- Génial !
Ces crétins mangeront du sable et boiront leur pisse quand on aura réglé son compte au docteur Dollar.
Si j'exultais, c'était sans doute parce que les Fils du Paradis, entre autres atrocités récentes, avaient fait sauté un hélico Pave Hawk de l'armée au-dessus de la Birmanie, assassiné les cinq membres de son équipage et diffusé la vidéo des corps mutilés dans le monde entier. Baptisée la « Secte des sectes » par les journalistes, les Fils du Paradis vénéraient une créature mythique appelée le Tor-al-Degan qui, en sa qualité de monstre sanguinaire, ne possédait ni visage ni lieu de prédilection. Toutefois les Deganites semblaient pouvoir se dispenser de statues ou d'un olympe. Ils trouvaient toujours un prétexte pour laisser libre cours a leur haine et semer la dévastation.
- Mais vous disiez qu'ils ne touchaient que la majeure partie de l'argent. Pourquoi pas la totalité ?
Les yeux de Vayl se durcirent et prirent une nuance d'obsidienne noire que le plus pénétrant des regards ne pouvait percer.
- Nos sources indiquent qu'Assan utilise le reste pour réaliser des opérations chirurgicales sur les membres de l'organisation ne pouvant plus se permettre de ressembler à leur portrait d'ennemi public n° 1.
Il n'en fallut pas davantage pour me convaincre.
- Quel sale type.
- Le monde en est rempli.
- A qui le dites-vous. Heureusement qu'il y a des gens comme nous pour rectifier le tir.
- D'où vient cet optimisme qui transparaît dans vos propos ? s'enquit Vayl. Seriez-vous le clone diabolique de Jasmine, venue me charmer avec ses pensées légères d'une blancheur virginale, pour mieux me planter un pieu dans le c½ur durant mon sommeil ?
- Dans le meilleur des cas, vos pensées sont roses. Un peu comme cette moquette.
Les yeux de Vayl s'illuminèrent soudain, une caractéristique qui vous force à y regarder à deux fois si vous n'y êtes pas habitué. Les vampires que j'avais connus avant lui ne possédaient pas cette aptitude particulière, mais j'avais tort d'établir une comparaison. A l'instar des humains, les vampires avaient chacun leurs dons et leurs défaillances. Celui qui se trouvait en face de moi, par exemple, incarnait à lui seul quelque quatre-vingts années de missions a la réussite ininterrompue.
Il avait infiltré les factions les plus occultes, brisé les systèmes de sécurité relevant de la plus haute technologie, affronté et vaincu les forces surnaturelles les plus puissantes jamais vues sur Terre. Alors pourquoi avait-il besoin de moi ? Je devrais franchement avoir une petite idée au bout de six mois, non ? Non ?
- A part ca, vous avez autre chose a me dire ? demandai-je.
- Jusqu'ici, Assan n'était rien de plus qu'un maillon de la chaîne. Comment dites-vous... un béni-oui-oui. Mais son pouvoir s'est soudain accru au sein des Fils du Paradis. Nous avons découvert qu'il leur avait amené un nouvel allié, quelqu'un qui dispose de l'argent et de l'influence pour ébranler ce pays jusque dans ses fondements. Peu de rumeurs circulent ouvertement sur cette personne, mais ce qui se chuchote à son sujet, en revanche, a de quoi donner la chair de poule.
- Vous voulez dire que c'est encore plus effrayant que d'habitude ?
Vayl hocha la tête.
- Cet allié apporte davantage qu'un simple soutien financier. Il amène avec lui les autres... en provenance de nids, de congrégations de sorcières et de hordes de loups-garous.
Oh-oh... Attache ta ceinture, Jaz. Tu entres dans une zone de turbulences.
- Ca m'a tout l'air du Rapace...
Seul le Rapace pouvait obtenir que des factions aussi traditionnellement combatives puissent coopérer assez longtemps pour avancer ensemble vers un objectif commun.
- Précisément. Notre mission de ce soir consiste donc a passer au peigne fin la demeure d'Assan, repérer son système de sécurité, puis revenir au petit matin. Nous enlèverons Assan, l'interrogerons ici au Diamond Suites, puis nous le liquiderons.
Eh bien, est-ce que cela ne présentait pas cette mission sous un tout nouveau jour ? Si on pouvait mettre une raclée aux Fils du Paradis et obtenir d'Assan qu'il identifie le Rapace, nous refile éventuellement une adresse, alors on serait aux anges.
Depuis près d'une décennie, a mesure que les preuves surgissaient et s'accumulaient contre lui, le Rapace représentait la cible n° 1 de notre service. Son mélange funeste de charisme et de sauvagerie lui avait permis d'occuper dès le début une place dominante au sein de la gent hematophage. Mais a l'évidence la domination vampire ne lui suffisait pas. Il avait appris à consolider son pouvoir a l'échelon mondial, recueillant les serments d'allégeance d'une dizaine de vastes nids américains, de deux assemblées de sorcières écossaises et de plusieurs hordes de loups-garous espagnols. Sa stratégie se révélait brutale, ses intentions perverses.
Vayl promena ses doigts sur la canne noire posée près de lui sur le canapé. Sculptée en Inde, cette pièce de musée suscitait au bureau autant de murmures que son propriétaire. Une succession de tigres délicatement ciselés s'enroulait le long de la hampe jusqu'à la bague dorée qui la séparait de la tête, ornée d'une pierre précieuse bleue a multiples facettes. Une simple torsion du pommeau escamotait les tigres et dévoilait une épée façonnée a la main, dont le fabricant était réduit en poussière depuis des siècles. Le fait que Vayl l'apporte ici avec lui était inhabituel, car il aurait dû se sentir en sécurité. Moi-même je n'avais rien a craindre. Je me redressai et balayai la pièce du regard.
- Qu'est-ce que vous ne me dites pas ? demandai-je.
- Nous allons devoir nous montrer d'une extrême prudence. Si nous croyons qu'Assan n'est autre que la nouvelle marionnette du Rapace, nous pensons que celui-ci tire aussi les ficelles d'au moins un membre éminent du gouvernement des Etats-Unis. Il ne s'agit pas d'une simple exécution, Jasmine, loin de là. Et puis...
- Quoi ?
Vayl secoua la tête.
- Ouvrez grands vos yeux et vos oreilles. Dans cette affaire, il y a quelque chose qui... cloche.
Dans la bouche de l'assassin n° 1 de la CIA, ces paroles n'étaient pas a prendre à la légère.

Extrait 3 :
- Rita l'enverra au premier lorsqu'il arrivera. Vous voulez bien me montrer ce qu'il vous faut traduire ?
Je sortis le bout de papier où Cole avait dessiné les symboles. Je pris soin de ne pas la toucher en le lui tendant. Vayl avait peut-être besoin des services d'une Voyante, mais je préférais ne pas connaître mon avenir. Mes nouveaux sens me disaient que si Cassandra m'effleurait, elle me révélerait des choses que je ne voulais pas entendre. Et j'aurais tendance a y croire.
Je n'avais jamais douté des dons de notre hôtesse. Dès lors qu'ils comptent des vampires dans leur clientèle, les charlatans ne font pas long feu dans le métier. Mais même si j'avais trouvé bidon son petit numéro de cartomancienne, sa réaction face aux symboles m'aurait convaincue du contraire. Elle lâcha le bout de papier sur la table comme s'il lui brûlait les doigts. Son visage se crispa en un masque d'effroi, tandis que l'âme derrière ses yeux avait le même mouvement de recul qu'un visiteur du musée de l'Holocauste.
- Où les avez-vous vus ? questionna-t-elle.
Elle désignait les glyphes d'un doigt tremblant, tout en veillant à ne pas les toucher.
- Ils étaient gravés dans la chair d'un défunt, répondit Cole. Ils se trouvaient en réalité sur deux cadavres, dans des circonstances différentes.
Cassandra tripota un crucifix suspendu a son cou et marmonna quelque chose. Bizarrement, ca ressemblait à du latin.
- Que récitez-vous ? demanda Cole.
Elle lui décocha un regard lugubre :
- Une prière pour vous protéger.
- Pourquoi avons-nous besoin de la protection de Dieu, Cassandra ?
- Ces symboles, expliqua-t-elle, sont de puissantes runes destinées a piéger l'âme après la mort, afin de l'empêcher de s'élever vers le Ciel.
Je me remémorai la scène au restaurant, lorsque la belle âme bleutée de Charlie s'était envolée vers l'infini. Et si elle était restée coincée en ce bas monde, luttant pour se libérer ? L'image me fit tressaillir.
Cole secoua la tête.
- Comment est-ce possible ? s'enquit-il.
Cassandra fit un effort manifeste pour se ressaisir :
- Lorsque les gens meurent violemment, leur âme ne se libère pas sur-le-champ. Pendant cette courte période de latence, l'âme peut être emprisonnée dans le corps si l'on grave ces runes dans la chair, autour de la blessure mortelle.
- Donc... (Aaargh... je n'en reviens pas de dire ca...) on se retrouve en présence de quoi ? De zombies ?
- C'est une possibilité, répondit-elle, l'air aussi révolté que moi. Il peut aussi s'agir d'une sorte de « garde-fou », d'un serviteur du diable qui a piégé l'âme jusqu'à ce que son maître arrive pour la dévorer.
Je ne pus m'empêcher d'imaginer soudain un démon cornu et tout rougeaud se curant les dents d'une griffe violette, tandis qu'on débarrassait sa table.
- Comment avez-vous trouvé l'âme ? demandait le serveur.
- Pas mauvaise avec du beurre et un zeste de citron, répondait le démon. En fait, je dois avouer qu'elle était rudement bonne.
Je sais, je sais... c'est pas drôle.
- En dehors des évidentes explications bibliques, repris-je, pourquoi un démon mangerait-il des âmes ?
Cassandra frissonna.
- Pour le plaisir, suggéra-t-elle, ou peut-être pour satisfaire la demande d'un humain a l'esprit vengeur et prêt a en payer le prix.
Super, c'est tout ce qui manque à mon bonheur ! Je dois déjà empêcher un méga terroriste de répandre son horrible virus, et par-dessus le marche il va me falloir pourchasser un psychopathe débarque des enfers avec la fringale !
- Il existe une troisième possibilité, dit Cassandra.
- Laquelle ?
- Les démons ne sont pas les seuls monstres a dévorer les âmes, précisa-t-elle en désignant du menton les symboles griffonnés par Cole. La femme qui m'enseigna cette langue m'a raconté qu'il existait jadis un empereur maléfique du nom de Tequet Dirani, dont la passion consistait à régner non seulement sur ce monde, mais aussi sur tous les autres par-delà le nôtre. Il a invoqué une Kyron pour venir lui prêter main-forte.
- Qu'est-ce qu'une Kyron ? demanda Cole.
Cassandra parut gagnée par la nausée a mesure quelle décrivait ce qui évoquait davantage une création de George Lucas que la véritable bestiole.
- C'est une bête créée pour la destruction. Sa présence peut annoncer l'arrivée d'un fléau ou d'une catastrophe nucléaire. Ce qui peut faire éclater les cloisons entre les divers univers comme sous le coup d'un boulet de démolition.
- Ca m'a tout l'air d'un démon, murmura Cole.
- Pas du tout. Elle détruira pour servir n'importe quelle cause, bonne ou mauvaise. Comme le djinn, elle demeure à la merci du bon vouloir de son maître.
- Sauf que les génies ne bouffent pas l'âme des gens chaque matin au petit déj', observai-je. Alors comment maîtriser une saleté pareille ? Comment la battre ?
Cassandra ne réalisa pas qu'il s'agissait de questions de pure forme.
- On la contrôle avec la nourriture, dit-elle. Les âmes, pour être précise. De cette manière, vous pouvez la vaincre en l'affamant.
- C'est comme ca que la Kyron de l'empereur est morte ?
- Oh, une Kyron ne meurt pas, répliqua-t-elle gravement. Elle devient suffisamment faible pour qu'on la ligote.
J'avais comme l'impression que ca n'avait rien avoir avec : « He, mec, va donc me chercher une corde ! »
- Comment ? m'enquis-je, subitement envahie par la fatigue.
Je lorgnai l'un des divans d'un ½il inquisiteur. Cassandra se vexerait-elle si une parfaite inconnue allait s'y vautrer pendant... disons... trois ou quatre jours ?
- Selon la légende, un puissant mage a ligoté la Kyron en lui faisant oublier son propre nom.
- Elle a du prendre un sérieux coup sur la tête.
- En effet, admit Cassandra. Il faut beaucoup plus qu'une légère commotion pour oublier le nom de Tor-al-Degan.
- Attendez une seconde, repris-je. Vous êtes en train de me dire que Tor-al-Degan existe ?
Cassandra acquiesça, manifestement déroutée par ma question. A l'évidence, elle n'avait jamais entendu parler des Fils du Paradis ou de leur déesse « mythique ». Et nous autres à l'Agence allions bien sur devoir mettre à jour notre dossier sur la secte d'Assan.
- C'est important, Cassandra, insistai-je tandis que je me penchais en avant et tentais de sonder les profondeurs de ses yeux sombres, renfermant des univers invisibles auxquels elle seule avait accès. Serait-ce possible que cette Tor-al-Degan soit détachée d'une manière ou d'une autre ? Ramenée dans le monde ?
Tout en regardant la porte comme si elle mourait d'envie de se sauver, elle s'humecta les lèvres et acquiesça.
- Etes-vous..., hésita-t-elle. (Elle s'éclaircit la voix et recommença :) Ces écrits et ce que je vous ai raconté. Tout cela vous a permis de mieux comprendre ?
Oh merde, me dis-je pendant les quelques secondes où mon esprit essayait de se fixer quelque part, n'importe où ailleurs, tandis qu'un mauvais pressentiment m'assenait un coup de poing a l'improviste dans le ventre. Je remarquai les taches de rousseur qui parsemaient l'arête du nez de Cole. Le rouge à lèvres de Cassandra était de la même teinte que la robe que je portais à la soirée d'Assan. Et je m'étais cassé un ongle. Accroche-toi, ma vieille. T'as pas fini d'en baver.
- Oui, admis-je. Le mystère s'éclaircie un peu.
Le Rapace avait dû s'allier avec les Fils du Paradis, car il avait besoin de leur déesse, leur Tor-al-Degan. Cassandra l'avait décrite comme un monstre porteur de fléau et leur virus semblait aussi effroyable.
Quant au mobile... Même directement branché sur un générateur, le Rapace chercherait toujours a gagner en puissance. Menés par leur nouveau héros, Assan, les Fils du Paradis adoreraient l'idée de rayer l'Amérique de la carte en répandant une épouvantable épidémie. Aidyn pavoiserait comme un papa tout fier quand ses bébés microbes auraient décimé la nation entière. Je ne savais pas trop a quel moment le sénateur intervenait, mais nul doute qu'il y aurait plusieurs caméras dans le coup et son sourire hollywoodien.
J'ignorais où et comment ils agiraient, mais ca n'avait guère d'importance, car je savais à quel moment cela se passerait. Demain soir le rituel aurait lieu. Ils seraient tous présents. Vayl et moi avions juste besoin de revenir au plan A. Capturer Assan. Le faire parler. Le liquider lui et ses gorilles. Peut-être qu'on pourrait tout faire sauter d'un coup. Quelqu'un veut bien crier boum ?

Et toi, qu'en penses-tu ?

accrocdeslivres
J'ai adoré cette histoire c'est vraiment trop bien avec des personnages fantastiques. J'adore le caractère de Jaz, elle est géniale !!

bookaulau
Le deuxiéme roman est plus simple côté enquête et les personnages sont plus travaillés. J'aime beaucoup cette série qui je dois l'avouer m'a d'abord fait penser à Anita Blake. Mais la comparaison s'arréte bien vite. Jaz est un personnage attachant, j'adore Vayl et Bergman, Cassandra et Cole font un complément à l'équipe plutôt pas mal.

revenlivre
Moi aussi j'ai beaucoup aimé cette série et je dois dire que le deuxième tome est beaucoup mieux que le premier. Comme toi, le premier j'avais bien aimé mais ça n'était pas non plus mon préféré dans le genre mais je dois avouer que le deuxième est vraiment extra et je te le conseille fortement si tu ne l'as pas encore lu ... Ce que j'aime énormément dans cette série c'est l'humour et les personnages en particulier Jaz et Vayl évidemment. J'adore leur relation avec BEAUCOUP de sous-entendus ^^ et les caractères de chaque personnage. Bref, vraiment une série à lire, c'est un très bon moment de lecture !

# Posté le vendredi 05 juin 2009 13:21

Modifié le lundi 24 août 2009 17:39

Site litraire

Site littéraire
Quelques sites littéraires que je consulte régulièrement, que je trouve intéressant et très bien construit !






# Posté le samedi 06 juin 2009 12:44

Modifié le dimanche 14 juin 2009 05:30

Dans les bois, de Harlan Coben

Dans les bois, de Harlan Coben
Titre : Dans les bois
Auteur : Harlan Coben

Résumé : Eté 1985, New Jersey. Paul Copeland est animateur d'un camp de vacances à la lisière des bois. Une nuit, il abandonne quelques heures son poste. Quatre jeunes en profitent pour s'éclipser, dont sa soeur, Camille.
On ne les reverra plus. Seuls deux corps seront retrouvés. On attribuera leur mort à un tueur en série qui sévissait dans la région.
Vingt ans plus tard. Paul est devenu procureur. Alors qu'il plaide dans une affaire de viol, il est appelé à identifier un corps. Stupéfait, il reconnaît formellement Gil Perez, un des disparus. Pourquoi les parents de Gil s'obstinent-ils à nier son identité ? Et si Gil a été en vie tout ce temps, se pourrait-il que Camille le soit aujourd'hui ?
Bien décidé à faire la lumière sur le drame qui n'a jamais cessé de le ronger, Paul va replonger dans les souvenirs de cette terrible nuit...

J'aime : beaucoup
Mon avis : enfin un livre de Coben auquel j'accroche véritablement après Ne le dis à personne ! Habituellement, je ne suis pas fan de son écriture et le seul livre que j'ai aimé de lui était Ne le dis à personne. Mais j'ai autant aimé ce nouveau roman, car il retrouvait un peu les mêmes éléments, mais surtout, beaucoup de suspens !
Je n'ai pas pu m'arrêter avant de l'avoir fini et j'ai été satisfaite de la lecture globalement du début à la fin !

Première phrase : Je revois mon père avec sa pelle.
Dernière phrase : Repartirons-nous ensemble ou bien, après toutes ces années, les bois auront-ils fait une nouvelle et dernière victime ?

Et toi, qu'en penses-tu ?

# Posté le dimanche 14 juin 2009 09:14

Modifié le dimanche 14 juin 2009 13:06